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Guy de Maupassant: Fort comme la mort (Les amours)

von Maximilian Löber

  • Französisch-Klausur (12. Jahrgang, Leistungskurs)
  • 3-stündig
  • 15 Punkte

 


Compréhension
1.    Exposez brièvement le problème don’t il est question dans le texte.

Analyse
2.    Précisez en quoi consiste la différence principale entre la manière d’aimer de l’homme et celle de la femme. Référez-vous au texte.

Commentaire
3.    Discutez les consequences que peuvent avoir ces deux manières d’aimer.


Guy de Maupassant: Fort comme la mort, 1889 (extrait)

Non, vous aimez en moi, comme vous le disiez fort bien avant dîner, une femme qui satisfait les besoins de votre cœur, une femme qui ne vous a jamais fait une peine et qui a mis un peu de bonheur dans votre vie. Cela, je le sais, je le sens. Oui, j'ai la conscience, j'ai la joie ardente de vous avoir été bonne, utile et secourable. Vous avez aimé, vous aimez encore tout ce que vous trouvez en moi d'agréable, mes attentions pour vous, mon admiration, mon souci de vous plaire, ma passion, le don complet que je vous ai fait de mon être intime. Mais ce n'est pas moi que vous aimez, comprenez-vous! Oh, cela je le sens comme on sent un courant d'air froid. Vous aimez en moi mille choses, ma beauté, qui s'en va, mon dévouement, l'esprit qu'on me trouve, l'opinion qu'on a de moi dans le monde, celle que j'ai de vous dans mon cœur; mais ce n'est pas moi, moi, rien que moi, comprenez-vous? [...]
Oh, mon Dieu! Je voudrais vous faire comprendre comment je vous aime, moi! Voyons, je cherche, je ne trouve pas. Quand je pense à vous, et j'y pense toujours, je sens jusqu'au fond de ma chair et de mon âme une ivresse indicible de vous appartenir, et un besoin irrésistible de vous donner davantage de moi. Je voudrais me sacrifier d'une façon absolue, car il n'y a rien de meilleur, quand on aime, que de donner, de donner toujours, tout, tout, sa vie, sa pensée, son corps, tout ce qu'on a, et de bien sentir qu'on donne et d'être prête à tout risquer pour donner plus encore. Je vous aime, jusqu'à aimer souffrir pour vous, jusqu'à aimer mes inquiétudes, mes tourments, mes jalousies, la peine que j'ai quand je ne vous sens plus tendre pour moi. J'aime en vous quelqu'un que seule j'ai découvert, un vous qui n'est pas celui du monde, celui qu'on admire, celui qu'on connaît, un vous qui est le mien, qui ne peut plus changer, qui ne peut pas vieillir, que je ne peux pas ne plus aimer, car j'ai, pour le regarder, des yeux qui ne voient plus que lui. Mais on ne peut pas dire ces choses. Il n'y a pas de mots pour les exprimer.
Extrait de: Guy de Maupassant: Fort comme la mort. Paris 1983: Editions Gallimard. P. 174-175.

 

1.
Dans l’extrait de l’œuvre « Fort comme la mort » écrit par Guy de Maupassant et publié en 1889, il s’agit d’une femme s’adressant à un homme avic qui elle partage l’amour.
Cependant, la façon d’aimer du narrateur donc de la femme se distingue nettement de celle de l’homme. Alors que ce dernier ressent de l’amour se reférant à des aspects concrets de la femme comme son extèrieur ou bien son ardeur, la femme, elle, vit un amour sans compromis c’est-à-dire un amour total pour l’homme.


2.
Après avoir constaté de quelle manière elle se sent aimée par l’homme, la femme exprime sa propre façon d’aimer cet homme. Il existe une différence principale entre ces deux attitudes.

D’abord, l’amour de l’homme envers la femme peut être décrit comme étant partiel. Il est dû à quelque chose de particulier. C’est pour le « bonheur » (l.3) et l’utilité (l.4) qu’il l’aime ; c’est pour la « passion » (l.6), l’ »admiration » (l.6) et le « dévouement » (l.9) qu’elle a pour lui. Enfin, il y a également des raisons superficielles comme la « beauté » (l.9) de la femme ou sa réputation (« l’opinion qu’on a de moi dans le monde », l. 9-10).
Même si cet homme aime tant ces qualités, il a tout de même un défaut selon la femme : Il ne l’aime pas pour elle-même. Par conséquent, on ne peut pas dire qu’il l’aime, mais qu’il aime en elle les choses énumerées. (« vous aimez en moi » l.1, « mais ce n’est pas moi » l.11).

C’est une toute autre sorte d’amour que la femme ressent. Elle n’a pas l’air de réfléchir longtemps afin de trouver les raisons convenables qui pourraient justifier cet amour, ce qui est indiqué par la phrase d’introduction du deuxième paragraphe : « Oh, mon Dieu » (l.12). De surcroît, elle a du mal à trouver les bons mots (« je ne trouve pas » l.13, « une ivresse indicible » l.14). Ce comportement fait croire au lecteur qu’il s’agit d’une autre dimension d’amour. Cette impression est renforcée par son choix des mots : « toujours » (l.13), « jusqu’au fond » (l.14), « irresistible » (l.15), « absolu[u] » (l.16). Pour elle, l’amour n’est pas lié à des conditions, c’est un amour total sur tous les niveaux (« il n’y a rien de meilleur, quand on aime que de donner [...] tout, sa vie, sa pensée, son corps, tou ce qu’on a », l.16-17).
Par moments, la femme exprime même le contraire de ce qu’elle a trouvé en l’homme. Par rapport à lui, elle n’aime pas une personne puisqu’ « on [l’]admire » (l.21), mais parce qu’il est le sien (l.22). On trouve plusieurs éléments opposés dirèctement dans les deux paragraphes comme celui-là, la femme par exemple « aime [...] un vour [...] qui ne peut pas vieillir » (l.20-23) tandis que l’homme « aime [...] [sa] beauté, qui s’en va » (l.8-9). Un autre exemple est le fait que l’homme aime « le don complet » (l.6) de la femme alors que la femme aime plutôt donner (l.16). Cette analyse fait apparaître une autre différence au point d’amour entre les deux personnages : L’homme est plutôt celui qui se rejouit d’être aimé parce que c’est l’ardeur de la femme qui lui plaît. Contrairement à cet aspect d’amour, la femme aime se sacrifier et donner. C’est elle qui préfère aimer que d’être aimée.

On peut conclure que l’homme a un point de vue très lucide de l’amour envers la femme. Au lieu d’aimer la femme en elle-même, il l’aime pour des qualités et pour l’amour qu’elle lui donne. En revanche, la femme est folle d’amour. Cet amour est du caractère absolu. Elle se lui donne complètement et finalement elle l’aime pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’il a.


3.
A mon avis, une relation va bien tant que les deux partenaires éprouvent la même chose, soit de l’amour, soit de l’amitié. Même si deux personnes n’éprouvent rien du tout l’un pour l’autre, il n’y a aucun souci. Mais dès que l’amour arrête d’être parfaitement mutuel, il peut y avoir des problèmes. Comme cela est le cas dans le texte, le lexteur peut se poser la question à savoir combien de temps les deux personnages seront heureux. Dans le texte, la femme parle d’un « courant d’air froid » (l.8) qui peut signifier le stade préliminaire des problèmes sérieux. Que ressent’on en se rendant compte que la personne aimée ne rend pas ce que l’on lui donne ? Mais de l’autre côté la situation est aussi prècaire. En sachant qu’on reçoit plus que ce qu’on donne, on ne réussit pas à en changer quelque chose tant qu’il n’y a pas l’amour qui le rendrait possible.

C’est l’amour qui nous mobilise et c’est un manque d’amour qui nous rend inactifs. S’il n’existe pas d’équilibre par rapport à l’engagement dans une relation il y apparaître l’ennui que l’un va se sentir coupable de profiter de la situation et l’autre va désespérer d’un amour insatisfaisant.

Kategorie: Französisch | Kommentare (7)