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Les relations franco-allemandes

von Maximilian Löber

  • Französisch-Klausur (13. Jahrgang), abiturähnlich
  • 6-stündig
  • 15 Punkte

 

Le sujet: Les relations franco-allemandes

Le texte: Jérôme Yager, Hier, le Mur, Libération, le 21 novembre 1989.

 

Compréhension:

1. Résumez la réaction de Jérôme Yager, étudiant à Paris, à l'ouverture du Mur le 9 novembre 1989.

Analyse:

2. Relevez les conséquences que l'ouverture du Mur entraînera selon Jérôme Yager.

3. Analysez son attitude à l'égard de l'Allemagne et comparez-la avec celle de François Mitterand en décembre 1989.

Commentaire:

4. Mettez-vous à la place d'une jeune étudiante à Berlin-Est qui vient de lire l'article de Jérôme Yager dans le journal «Libération». Ecrivez à sa place une lettre de réponse à Jérôme dans laquelle elle parle de sa réaction à l'ouverture du Mur, de ses idéaux et de ce qu'elle pense des idées de Jérôme concernant l'avenir.

 

Hier, le Mur

Par Jérôme Yager, étudiant à Paris

Le Mur est tombé.

Oui. Tétais tellement pressé d'ouvrir la fenêtre que bar¬rait la petite table. Mon mur est tombé. C'est tout mon corps qui fut pris d’un tremblement, comme si larmes voulaient sortir de tous mes pores. J'ai laissé les livres là, De Staël et Mauriac avaient rejoint les cadavres de boîtes de conserve. J'ai hésité avant de retirer la clé, mais à quoi bon, le monde avait changé, les deux écrivains me pardonneront. J’ai acheté trois journaux. Les gros titres. Mes mains nerveuses buvaient l'encre. Béat et stupidement excité, les yeux humides, je dévorai les articles, coince dans cette foule indifférente d'un vendredi après-midi. Les gens se regardaient sans émotion. Je compris comment devaient se sentir ces gens qui racontent leur vie au public endormi des rames de métro. J'éprouvais de la sympathie pour eux. Un journal parlait de la folle nuit de Berlin. On s'embrassait, chantait et pleurait dans les rues bondées de la ville brisée ; prostituée par le conflit Est-Ouest.

Champagne à toutes ces créatures résignées, fatiguées du métro, alors que tout ce qu'ils avaient appris à l'école, lu dans la presse n'avait plus de sens aujourd'hui.

Si dans le métro je pensais au Fils retrouvé de Kafka ce n'était pas l'arrogance de l'Ouest vis-à-vis de l'Est, c'était l'Europe d'avant-guerre qui me vint à l'esprit. Europe foisonnante et pleine d'énergie, qu'une Allemagne barbare consuma, pour réduire en cendres les idéaux d'un continent vide de haines anachroniques. Ce n'est pas la «réunification» qui fait danser les Berlinois sur le Ku'damm, c'est la fin d'une Europe déchirée. C'est le dé¬but d'une époque que nous pourrions construire sans in¬fluences extérieures. Une Europe qui construirait sur les cendres de la barbarie, sa¬chant que l'Holocauste et la banalisation de la menace atomique ont été possibles sur ce continent. Nous pouvons nous permettre d'avoir des idéaux nouveaux, pensant avoir appris nos leçons cruelles de l'Histoire, des idéaux qui sont pleins d'images de liberté, de rapprochement, de pardon. Les murs barbelés tombent comme les haines artificiel¬les. Qu'on nous épargne les commentaires sur une Allemagne étouffant l'Europe, une Allemagne trop puissante. Je ne connais personnellement pas beaucoup d'Allemands qui soient fiers de leur pays, comme peuvent l'être des Français. Nous portons le fardeau de nos grands-parents, nous avons accepté de le porter, car nous étions horrifiés par l'Allemagne. Qu'on ne nous parle plus de «Blitzkrieg Boris Becker», de «tanks» de l'économie, de vieilles frontières mal oubliées.

Les jeunes générations attendent ce moment depuis des années, s'investir dans le projet européen. L'Histoire a fait de nous la métaphore du monde moderne, à nous de trouver une autre image. Plus digne d'un monde civilisé.

C'était une de ces nuits qui ont l'air de vouloir vous emporter vers le futur.

J'ai dormi différemment cette nuit-là.

Libération 21/11/89, (abrégé)

 

vocabulaire

un tremblement - ici: une vibration
Mme De Staël (1766-1817) - auteur français du livre «De l'Allemagne» (1810)
François Mauriac (1885 - 1970) - écrivain français; il a aussi publié des chroniques journalistiques sur son tempsdévorer qc - ici: lire très vite et avec beaucoup d'intérêt
coincé,e - serré,e
une rame de métro - un train de métro
bondé,e - plein,e (de gens)
brisé,e - cassé,e à cause de beaucoup de peines
foissantant,e - très riche
consumer qc - détruire par le feu
réduire en cendres - anéantir complètement
barbelé,e - mit Stacheldraht versehen
un tank - Panzer
s'investir - ici: s'engager pour qc

 

1.

Dans l’article « Hier, le Mur », apparu dans le journal « Libération », le 21 novembre 1989, l’auteur Jérôme Yager exprime sa réaction et ses espoirs quant à la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989.

Lui, étudiant à Paris, est profondément ému par cet évènement en Allemagne. Rempli d’un besoin d’action, il jette les livres devenus obsolètes qui parlent d’Allemagne et s’achète plusieurs journaux afin de savoir davantage sur l’ouverture du Mur. Ravi et excité en même temps, l’étudiant est rempli de satisfaction et d’espoir concernant les conséquences qu’entraîne l’évènement politique.

En conclusion, Jérôme Yager se montre enthousiaste sur tous les niveaux.

2.

Un évènement comme l’ouverture du Mur de Berlin ne peut pas se passer ni sans laisser des traces ni sans causer des conséquences. Les conséquences que Jérôme Yager suppose seront énoncées dans le texte suivant.

« Le monde avait changé, […] » (lignes 14-15) dit-il dans son article. Après, il précise cette généralité : Les livres d’Histoire et les points de vue de la presse et donc du peuple entier demandent une révision (lignes 41-44). Comme la division de l’Europe en deux blocs n’existe désormais plus (« c’est la fin d’une Europe déchirée », lignes 60-61), il faut se mettre à penser dans d’autres catégories.

En effet, la France et l’Allemagne, probablement réunifiée, sont, selon l’auteur, libérées d’ « influences extérieures » (l.63), c’est-à-dire de la pression soviétique aussi bien que celle des Etats-Unis. Les deux blocs fondés sur des idéologies bien définies, le capitalisme et le communisme, s’effondrent et laissent alors la place à « des idéaux nouveaux » (l.71). Yager propose dans ce contexte des idéaux basés sur la « liberté, [le] rapprochement, [le] pardon » (lignes 75-76). On peut supposer qu’il parle du couple franco-allemand en particulier et de l’Europe en général.

C’est pour cela qu’il emploie les mots « projet européen » (l.100). Il souligne que c’est seulement la chute du Mur qui rend possible la construction d’une communauté européenne (l.60). Ce nouveau monde prend place encore au-delà du « monde moderne » (l.102), un terme déjà introduit durant la Guerre froide. L’étudiant transmet alors l’idée que le nouvel état politique en Europe est l’incarnation d’une toute autre dimension de collaboration internationale : le « projet européen ». C’est ce qui signifie enfin le futur pour lui (l.108) promis par l’ouverture du Mur.

3.

Maintenant, il s’agit de la question à savoir quelle attitude l’auteur de l’article prend envers l’Allemagne. Puis, cette attitude sera comparée à celle du Président français de l’époque, François Mitterrand.

Dans un premier temps, on peut constater que Jérôme Yager partage l’enthousiasme des Allemands, puisque le rapport sur les Allemands émus à Berlin lui donne envie de « payer le champagne » (lignes 38-39) aux autres personnes dans le métro parisien malgré leur apparence « résignée[s], fatiguée[s] » (l.40). En fait, il aimerait créer l’ambiance et l’enthousiasme berlinoises à Paris afin de partager leur joie.

Dans un deuxième temps, on peut remarquer qu’il n’associe pas explicitement la barbarie et l’Holocauste à l’Allemagne. Au lieu de cela, il se limite à dire que ces cruautés « ont été possibles sur ce continent » (l.69). Contrairement à beaucoup de Français, il n’accuse pas clairement l’Allemagne de ce qui s’est passé. En revanche, il parle de « pardon » (l.76). En disant cela, il ne peut penser qu’à l’Allemagne. Etant bien conscient des reproches qui seront faites à l’occasion de la réunification de la RFA et de la RDA, il prend clairement parti pour l’Allemagne. Il n’a pas peur d’ « une Allemagne étouffant l’Europe, une Allemagne trop puissante » (lignes 80-83). Selon lui, cette attitude est l’héritage de la vieille génération ayant connu la guerre (lignes 87-89). Il n’a pas non plus fait d’expériences d’une remontée de nationalisme allemand (lignes 83-86). C’est la raison pour laquelle il n’y a plus besoin de continuer à porter « le fardeau [des] grands-parents » (lignes 88-89). Ce qui vaut davantage à son avis, c’est d’envisager ensemble le « projet européen ».

Toute considération faite, Jérôme Yager prend une attitude positive à l’égard de l’Allemagne.

En décembre 1989, François Mitterrand réagit aux dix points du chancelier allemand Helmut Kohl en exprimant clairement sa position : Il avertit le chef d’État allemand de vouloir précipiter la réunification sans prendre en considération les intérêts des pays voisins. Cette manière d’agir pourrait selon lui aggraver la situation d’insécurité suite à la chute du Mur.

De plus, il se réfère au droit des Alliés d’influer sur la politique allemande.

Mitterrand fait alors obstacle à la volonté de réunification allemande ce qui s’explique par sa crainte que l’Allemagne regagne en puissance économique et politique et qu’elle veuille remettre les vieilles frontières en question comme par exemple la frontière Oder-Neisse.

Mitterrand présente donc une attitude opposée à celle du jeune étudiant. Alors que le premier a peur d’une déstabilisation de l’Europe à cause d’un trop grand pouvoir économique et politique de l’Allemagne, le deuxième voit dans la chute du Mur le moteur d’une nouvelle communauté européenne.

Ce sont l’espoir et la crainte concernant les attentes de ce grand changement en Europe, l’optimisme et le pessimisme qui s’opposent, incarnés par les personnes de Mitterrand et de Jérôme Yager.

4.

Leah Müller
Georgstraße 16
54321 Berlin
Allemagne

Journal « Libération »
59, rue Daguerre
12345 Paris
France

Objet : Réponse à l’article « Hier, le Mur », par Jérôm3 Yager.

Berlin, le 3 décembre 1989

Cher Jérôme,

En lisant ton article attentivement, j’ai éprouvé une grande joie, mais aussi une grande peine. Je vais essayer de décrire ma réaction, une réaction d’une Berlinoise qui a vécu la « folle nuit de Berlin » et qui a dansé sur le Mur avant qu’il se soit brisé en mille morceaux.

Quel bonheur de savoir qu’il y a quelqu’un assez loin qui partage l’enthousiasme allemand. J’ai versé des larmes quand j’ai lu que tu étais prêt à ouvrir une bouteille de champagne. S’agissait-il de larmes de joie ou de tristesse ? Tristesse, parce qu’il y a une image dans ma tête qui ne disparaît plus ? Toi, avec une bouteille de champagne à la main courant dans tous les sens et criant les titres des journaux : « Le Mur est ouvert ! » Mais personne ne t’écoute, personne ne te voit. On dirait que tu t’es trompé de jour, que cela n’est pas vrai enfin. A ne pas croire que les gens s’en fichent.

Le 9 novembre, je voyais depuis le mur la foule dans la lumière des lampadaires. J’ai senti la même chose que toi. Mon corps tremblait si fort que je croyais éclater. J’ai vu les visages des gens. Cela dépasse tout ce que j’ai vu avant. Je croyais bien que le monde entier nous regardait et commençait dans la même seconde à danser et à fêter avec nous. Ton article m’a appris que je me suis trompée.

A peine sortis du totalitarisme socialiste nous refaisons peur. J’avoue que cette idée ne me serait jamais venue à l’esprit si je n’avais pas lu la presse française. A part toi, il n’y a pas grand monde qui soit content pour nous. Et toi, tu prétends dans l’article que ce n’est pas la « réunification » qui nous fait danser. Mais si !

Maintenant, je peux enfin aller dans les rues que j’ai vues depuis le train sur terrain. Je peux rendre visite à mes amis et à ma famille qui m’ont envoyé des paquets remplis de cadeaux depuis que je suis toute petite. Pourquoi ne danserions-nous pas parce que notre peuple test réuni ?

Je suis tout de même d’accord avec toi concernant le point que le Mur a jusqu’à présent empêché une Europe civilisée et unie. C’est seulement au moment où plus personne n’est opprimé, mais libre d’esprit, capable de s’épanouir personnellement qu’on peut penser au « projet européen ». Si cela réussit, cela dépend surtout de vous et de nous. On a commencé l’amitié franco-allemande en 1963. Renforcons-la. En ce moment d’insécurité comme vous le ressentez, il faut qu’on agisse ensemble plus que jamais. Nous pouvons libérer assez d’énergie pour créer une communauté européenne qui sera capable de préserver la dignité de toute sa population et qui aura des facilités à confronter les problèmes de l’extérieur.

On parlera de l’Europe comme puissance mondiale à côté des Etats-Unis. Ensemble on va pouvoir résoudre les problèmes de santé dans les régions en crise. On installera la paix dans tous ces pays. Les possibilités sont énormes. Dans ce contexte, personne ne mentionnera que l’Allemagne a un PIB plus élevé et une population plus importante que la France. On n’aura plus besoin de se mesurer.

C’est mon rêve et le 9 novembre, nous avons fait un grand pas vers sa réalisation. Espérons que Mitterrand et Kohl veulent bien rester amis.

Sincèrement,

Leah Müller

Kategorie: Französisch | Kommentare (12)