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Vercors - Le silence de la mer (la Première Guerre mondiale)

von Maximilian Löber

  • Französisch-Klausur (12. Jahrgang, Leistungskurs)
  • 2-stündig
  • 15 Punkte 

 


Compréhension
1.   Résumez brièvement le texte (1 ).

Analyse
2.   Expliquez dans quel but l'officier mentionne le conte La Belle et la Bête. Référez-vous au texte.

Commentaire
3.   Expliquez et discutez les conseils donnés dans le tract «Conseils à l'occupé». Référez-vous aux textes donnés et justifiez votre réponse.

 

Texte 1

Annotations:

Pendant l'Occupation, un officier allemand loge chez un vieil homme et chez sa nièce, qui lui opposent un silence absolu. C'est donc par monologues que l'officier, un homme cultivé parlant bien le français, communique chaque jour avec ses hôtes.

« Il y a un très joli conte pour les enfants, que j'ai lu, que vous avez lu, que tout le monde a lu. Je ne sais si le titre est le même dans les deux pays. Chez moi, il s'appelle : Das Tier und die Schöne, - la Belle et la Bête. Pauvre Belle ! La Bête la tient à merci, impuissante et prisonnière, elle lui impose à toute heure du jour son implacable et pesante présence ... La Belle est fière, digne, elle s'est faite dure ... Mais la Bête vaut mieux qu'elle ne semble. Oh ! elle n'est pas très dégrossie ! Elle est maladroite, brutale, elle paraît bien rustre auprès de la Belle si fine ! ... Mais elle a du cœur, oui, elle a une âme qui aspire à s'élever. Si la Belle voulait ! ... La Belle met longtemps à vouloir. Pourtant, peu à peu, elle découvre au fond des yeux du geôlier haï une lueur, un reflet où peuvent se lire la prière et l'amour. Elle sent moins la patte pesante, moins les chaînes de sa prison ... Elle cesse de haïr, cette constance la touche, elle tend la main ... Aussitôt la Bête se transforme, le sortilège qui la maintenait dans ce pelage barbare est dissipé : c'est maintenant un chevalier très beau et très pur, délicat et cultivé, que chaque baiser de la Belle pare de qualités toujours plus rayonnantes ... Leur union détermine un bonheur sublime. Leurs enfants, qui additionnent et mêlent les dons de leurs parents, sont les plus beaux que la terre ait portés ... N'aimiez-vous pas ce conte ? Moi je l'aimais toujours, je le relisais sans cesse. Il me faisait pleurer. J'aimais surtout la Bête, parce que je comprenais sa peine. Encore aujourd'hui, je suis ému quand j'en parle. » Il se tut, respira avec force, et s'inclina : « Je vous souhaite une bonne nuit. »

Vercors, Le silence de la mer. Editions Albin Michel, Paris 1951, p. 29-30.

 

 

Texte 2

Conseils à l'occupé

Tu ne sais pas leur langue, ou tu l'as oubliée. Si l'un d'eux t'adresse la parole en allemand, fais un signe d'impuissance, et, sans remords, poursuis ton chemin.

Inutile d'envoyer tes amis acheter ces Conseils chez le libraire.

Sans doute n'en possèdes-tu qu'un exemplaire et tiens-tu à le conserver. Alors, fais-en des copies que tes amis copieront à leur tour.

Bonne occupation pour des occupés.

Juillet 1940

Tract rédigé en juillet 1940, paraît en août 1940

 

 

1.

Dans l’extrait du livre « Le silence de la mer » écrit par Vercors, il s’agit d’un officier allemand logeant chez un vieux Français et sa nièce pendant l’Occupation. Alors que les hôtes n’arrêtent pas de garder le silence, l’officier leur raconte en bon français l’histoire de « la Belle et la Bête » avant de leur souhaiter bonne nuit. Le conte parle d’une bête retenant prisonnière une belle femme. Au moment que celle-ci découvre ses qualités et son cœur il se transforme en être humain. Puis, ils vivent leur bonheur ensemble. Après avoir raconté le conte, le soldat exprime l’émotion que l’histoire fait resurgir en lui.


2.

L’officier allemand se trouve dans une situation désagréable. Le silence des deux hôtes français lui fait savoir qu’il est détesté tant que soldat ainsi qu’être humain. Du fait, le conte de « la Belle et la Bête » possède une valeur symbolique. Le soldat incorpore la Bête imposant « à toute heure du jour son implacable et pesante présence » (l.5) aux Français qui, eux, sont comme la Belle : pas forcément beaux, mais tout au moins innocents, « impuissant[s] » et prisonn[iers] » (l.4). Quoique « brutal » et « rustre » (l.8), le soldat a des qualités bien cachées. Ce n’est que l’extérieur qui fait supposer qu’il est mauvais. Au fond, il « a du cœur » (l.9-10) ce qui doit être découvert par les Français. Cela est la raison pour laquelle le soldat a choisi cette histoire-ci. Elle a une morale bien précise : Ne juge pas par l’apparence puisque ce qui fait l’homme, c’est derrière cette couche et cela est invisible pour ceux qui ne font pas d’efforts de le voir !
Ce sont toutes les cruautés de la guerre qui pèsent lourd sur l’image des soldats allemands. Souvent, ils ne rencontrent que de haine en France peu importe leur comportement. C’est la peine de la Bête (lignes 21-22) que l’officier révèle après avoir raconté l’histoire. Il n’a aucune chance de s’établir et de montrer de l’humanité comme ses hôtes se sont fermés a priori. Premièrement, son but est de décrire sa situation désespérée au point de créer une relation sans haine entre occupants et occupés. Deuxièmement, il veut démontrer une solution possible, notamment d’ôter les barrières afin de commencer à se connaître. Il faut que ce processus se fasse des deux côtés ; donc l’anecdote du soldat est également un appel à ses hôtes d’arrêter le silence et de s’ouvrir pour lui donner la chance d’être accepté.


3.

Le tract « Conseils à l’occupé » publié en août 1940 propose aux Français d’ignorer les soldats occupants, c’est-à-dire de faire semblant de ne pas pouvoir les aider, même si cela serait possible grâce à la connaissance de la langue allemande. (« Tu ne sais pas leur langue, ou tu l’as oubliée » , ligne) Il faut juste « poursuivre [son] chemin » après avoir fait « un signe d’impuissance » au cas où un occupant demande de l’aide. En plus, le texte impose aux lecteurs de répandre ces conseils pour que tous les occupés en prennent connaissance.
Comme l’avait montré le texte de Vercors, cette attitude pose des problèmes. Elle empêche toute possibilité de relation humaine entre occupants et occupés. Quelques soldats « val[ent] mieux qu’[ils] ne sembl[ent] » (lignes. 6-7, premier texte) et il ne serait pas juste que les Français les ignorent complètement. Il est sûr que ce comportement n’a pas une « bonne occupation pour des occupés » pour conséquence, parce que la réponse à cette ignorance sera peut-être de la colère et de la brutalité. Au moins, les deux côtés ne vont jamais réussir à s’accepter.
Cependant, on peut comprendre que les occupés ne veulent pas faire cause commune avec les occupants. Pourquoi devraient-ils aider ceux qui ont porté leur malheur ?
A mon avis, il faut décider à nouveau selon le cas s’il vaut mieux aller vers les soldats allemands ou pas. Comme partout, il faut faire la différence entre les gentils et les méchants mais pas avant d’avoir jeté un coup d’œil sur la personne elle-même sans être influencé par la thèse que les occupants sont tous des méchants comme le texte « Conseils à l’occupé » le fait croire.
 

Kategorie: Französisch | Kommentare (8)